Burkina Faso : c’est balo …

RÉCIT & RETOUR SUR MA DRÔLE D’EXPÉRIENCE A OUAGADOUGOU AU  BURKINA FASO (Carine)


Partir pour 11 mois et rentrer au bout de 15 jours…..il n’y a pas un problème là ???!!!!!


Rassurez vous je m’en suis remise alors je raconte, ici 😉
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En 2010, après beaucoup de réflexions mais peu d’hésitations, je décide de réaliser mes rêves d’étranger et de poser un congé sabbatique de 11 mois (le max auquel j’ai le droit)
L’idée était de partir vivre et travailler à l’étranger, m’expatrier quoi !
Le choix est fait, 1ere étape : je me suis mise en quête de trouver des contacts aux quatre coins du monde.
Plusieurs mois de bouches à oreilles qui aboutissaient, au mois de Mai 2010, deux options s’offraient à moi ; une à Bangkok (Thailande) et une à Ougadougou (Burkina Faso)
Le choix fut simple et rapide, l’Afrique bien sûr, mon rêve ultime par-dessus tous les autres.
Le poste était celui de technicien de laboratoire avec pour mission de développer et produire du bio carburant à base de graines de Jatropha, graines ne poussant qu’en Afrique sur des sols très arides et bien entendu qui ne sont pas consommables par l’homme.
L’idée m’a plu de suite alors j’ai envoyé par mail, ma lettre de motivation et mon CV…en croisant mes 10 orteils de pied.

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Quelques jours plus tard, dans ma boite mail, la réponse. Le responsable semblait super emballé. Alors rendez-vous sur Skype deux semaines plus tard pour un entretien d’embauche.
Tout s’étant très bien passé, pendant l’entretien même, on finit par négocier mon départ et ma future venue à Ouagadougou.
(Skype en juin et collaboration envisagée pour septembre 2011)
Voilà l’heure de l’excitation, enfin j’allais réaliser mon rêve le plus fou : ALLER EN AFRIQUE et qui plus est, y vivre et y travailler.
Comme quoi, je m’attendais à ce que cela soit super compliqué, mais tout a été super simple. C’est bien connu, le plus dur, c’est le premier pas.
Seul petit détail qu’il restait à régler : Il ne restait plus qu’à poser mon congé sabbatique auprès de mon directeur et que celui-ci veuille bien l’accepter …
Sachant qu’il faut en faire la demande au moins trois mois avant le départ souhaité, tout s’est enchainé très vite. J’ai écrit ma lettre et j’ai décidé d’aller l’amener en main propre à mon directeur.
(La démarche à suivre normalement est de l’envoyer par recommandé avec avis de réception), mais je préférais m’entretenir avec lui pour pouvoir lui expliquer mon projet en face à face (un magnifique projet professionnel)
Lors de cet entretien, j’ai eu le soutien de mon directeur, qui trouvait le projet génial et qui a donc accepté sur le champ ma demande.
Voilà , tout était réuni pour larguer les amarres. Il ne restait donc plus qu’à gérer les choses administratives, le déménagement, les vaccins, les visas….

Tout était bon, nous partions pour Ouagadougou le 15 septembre 2010 pour prendre mon nouveau poste le 1er octobre 2011.

Il fallait bien 15 jours afin de se faire à notre nouvelle vie.
Ma nouvelle boite étant en partenariat avec l’université de Ouagadougou, nous avons pu profiter d’un hébergement gratuit, le temps de trouver une maison à louer.

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Arrivée sur Ougadougou, le chauffeur de l’université était là, mais il n’était pas seul (des dizaines d’autres taxis attendaient et nous ont sautés dessus dès le passage des portes de sortie de l’aéroport)

Bienvenue en Afrique, 40° minimum et chargée avec 3 gros sacs de voyage et mon sac d’ordinateur, et oui il fallait bien ça pour passer mes 11 mois là-bas. Et plus si possible J

Nous avons été conduites directement à notre résidence et dès le lendemain mon boss (Joel) venait nous rendre visite pour nous amener faire des courses. Car forcément nous étions à pieds et Ouaga c’est grand.
Première vraie rencontre ave Joel, c’était le chef cool par excellence, on n’est plus en France mais bel et bien en Afrique où tout est plus détendu.

Après une courte course il nous redéposa à la maison « temporaire » et à partir de là, tu plonges dans ce nouvel environnement plutôt perturbant. Car le projet n’était plus un projet mais la réalité, et il fallait se débrouiller à trouver une maison à nous, un moyen de locomotion : pour aller bosser c’était mieux. Même si des bus de l’université pouvaient me conduire jusqu’au labo, fallait il encore trouver une maison sur leur passage.

 

Quelques mois auparavant nous avions rencontré un gars sur le marché africain de Pessac à côté de Bordeaux, qui lui, partait rejoindre sa femme à Ouagadougou fin septembre. Quelle chance pour nous, nous allions avoir un franco burkinabé sur place pouvant nous aider dans nos démarches.
Il est arrivé 3 jours après nous sur Ouaga et nous a contacté dès son arrivée.
Avec un ami à lui, ils sont venus nous chercher pour nous aider à trouver une maison.
Là-bas ce n’était pas comme en France, pas d’agence, mais des tableaux noirs aux coins des rues, avec écrits à la craie, les maisons à louer et leur prix. Tout ça très sommaire et les prix un peu aléatoires

Mais eux au moins connaissaient le système.
Donc nous voilà parti avec eux à l’aveugle, ne connaissant pas bien les quartiers de Ouaga et du coup ne sachant pas trop si on se rapprochait ou si on s’éloignait de mon lieu de travail.
Cette après midi fut épique car nous avons eu droit à deux visites de maisons habitées….oui oui, ils n’ont aucun scrupules à faire visiter des maisons habitées et déjà louées, où ils profitent de l’absence des propriétaires partis pour la journée au travail où sont en vacances pour te faire croire que la maison est libre.
En sachant que lorsque tu réserves une maison on te demande de suite de payer le premier mois et une caution. Du coup, si tu réserves, tu payes, et le soir les gens rentrent chez eux et c’est fini pour toi, car le « pseudo loueur », lui, à dégarpi …

Du coup, super déçues de l’honnêteté des mecs et qui plus est, même nos « accompagnateurs » nos hommes de confiance ont fini par nous amener boire un verre le soir dans un bar à p… , très peu fréquentable où nous étions les seules filles (hormis les filles de joie) donc nous voilà dans le bain. On commencait réellement à se demander : A qui faire confiance ?????????
Le doute s’installe, nos soirées tournant de plus en plus sur nos craintes à vivre au Burkina.
Mais bon, chaque lendemain matin ça passait et on repartait à l’assaut de notre logement.
Une autre fois, Bienvenue un taximan et cousin d’un collègue de boulot que j’avais en France (une source sure , nous y allions les yeux fermés avec lui). nous a accompagné dans les pensions et maisons d’hôtes que nous avions sélectionnées sur internet.
Le coup des maisons avec les panneaux dans la rue nous avez bien refroidies, et de ce fait, on s’était dit que pour commencer, finalement, vivre chez quelqu’un serait certainement plus simple et plus rassurant.
Nous voilà parti en taxi jaune tout pourri, à se demander comment il pouvait encore rouler, vu l’état de délabrement de l’engin, mais bon, pas de panique, ils roulent tous comme ça.

6-en route pour les Domes Banfora (94)

Notre cher ami bienvenu est arrivé pour nous chercher avec une heure de retard (nous l’attendions en plein soleil evidemment)…mais bon, on a vite apprit que l’heure et la ponctualité en Afrique, ça n’existait pas.
« y a pas de problème » comme ils disent

Bref, pas très grave , c’est la suite qui va être plus drôle, (à lire parce que sur place ça l’était moins)

première maison d’hôtes , genre un peu appart-hotel, très bien mais qu’est ce que c’était loin en fait….Si bien que sur le chemin, notre chauffeur nous a demandé si on pouvait faire un détour car une amie à lui déménageait ce jour, donc il fallait qu’il passe la voir.
A ben non pas de soucis, on est pas à ça près. Bon, si un peu car le compteur tournait pendant ce temps-là. Et oui nous étions dans son taxi quand même (pas fou !)
Arrivées chez son amie, tout le monde descends, elle est en plein encartonnage…

10minutes plus tard, tout le monde encartonnait, oui oui, c’est pas une blague.
et 1h plus tard la voiture était chargée ras la gueule comme on dirait, et c’était parti pour son nouveau logement
Et ce n’est toujours pas une blague, et le plus drôle c’est que nous sommes toujours dans un taxi… je vous laisse deviner la suite …
Et bien après une petite demie heure de route, on se voit arriver dans un quartier de Ouaga où la nana nous attendait dans sa nouvelle maison, complètement vide.
Normal toutes ses affaires étaient dans le taxi.
Ni une ni deux, on se met à décharger car là c’était trop fallait avancer, on avait encore 5 logements à voir nous.

Nous voilà enfin parti après ce périple qui nous a bouffé presque 4h dans la journée, super !

Déménagement sous 48°, Bienvenue nous demande d’aller boire un coup.
Premier bar, on s’est arrêté.
On a commandé , on a bu , et…………………………..on a tout payé , ben oui , il n’avait pas d’argent.
Quoi de plus normal, on paye la course mais aussi le ravitaillement du chauffeur…
Mais, encore une fois …

« y a pas de problème »

Si si ça commence. Car la journée avance, le soleil descendait de plus en plus et nous avions vu qu’un seul logement.
Deuxième logement, on avait choisi une chambre d’hôtes, rassemblant que des étrangers de passage à Ouagadougou.
Ambiance très sympa, proches des gens et des responsables Burkinabé de l’établissement.
Nous sommes emballées mais il ne reste qu’une micro chambre. La loose. On ne peut pas vivre dans cette petite chambre avec toutes nos affaires .

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une petite bière pour monsieur!

Mais, à cette heure-ci, et bien, il faisait déjà nuit noire.
L’agacement fut bien présent et nous demandions donc à bienvenue de nous ramener chez nous, car Monsieur voulait encore aller boire un coup, à nos frais bien sûr, toujours plus hein

Trop c’était trop, on est rentrées.
Et le debriefing de ces derniers jours ne fut pas très positif à vrai dire.
Soirée plutôt déprimante, pensant que tout était simple comme mes « futurs » collègues n’arrêtaient pas de nous dire, mon œil !
Pour nous, c’était loin d’être si simple, donc, nous voilà une idée lumineuse.
Profiter un peu du pays pour les quelques jours restant avant d’embaucher, on finirait bien par trouver un logement plus tard.

Par des connaissances , nous réservons un tour de 4 jours partant de Ougadougou et allant jusqu’à la frontière de la Cote d’Ivoire en passant par les sites de Koudougou, Boromo, Bobo Dioulasso et sa mosquée si typique, Banfora et ses dômes de Fabédougou
Dans l’idée de sortir de cet agacement permanent et de prendre l’air
Le trip semblait excellent, en plus le chauffeur et guide, nous les connaissions déjà, donc pas d’inquiétude.
Même si le devis était super salé (étonnant pour le pays) il fallait qu’on bouge pour se changer les idées.

 

 

Pour voyager encore plus loin

Une réponse sur “Burkina Faso : c’est balo …”

  1. bonjour, quand je clique sur suivant, je tombe sur « un week end à lisbonne » du coup je n’ai pas la suite de l’expérience au burkina …ou alors je n’ai pas compris 😉 suspens ! dans tous les cas bravo pour votre blog !

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